Jardiner sans depenser, est-ce possible ?
15 oct 2008
15 octobre : Blog Action Day, avec pour thème la pauvreté. À titre de contribution en ces temps difficiles, voici ma petite réflexion : le jardinage n’est-il pas devenu un luxe ? Peut-on encore jardiner sans se ruiner, avec de faibles revenus, voire sans rien dépenser ?
Le zéro dépense est-il vraiment possible ? Non hélas, car il faut toujours prendre en compte l’achat du lopin de terre ou sa location ainsi que les charges afférentes au terrain (impots locaux notamment, consommation d’eau et d’électricité, etc.). Mais il est possible par contre de sérieusement réduire ses dépenses pour l’achat des plantes et leur entretien. 4 pistes pour réduire les dépenses :
1 – Trouver des plantes gratuites :
- Faire les bourses d’échanges et autres trocs aux plantes, qui ne cessent d’augmenter en nombre chaque année. Ces manifestations fort sympathiques réservent souvent de bonne surprises. Certes, il y a beaucoup de plantes très communes (mais combien ont un charme qui résiste au fil des années !), mais aussi des petites raretés, des plantes oubliées.
- Récupérer ! Avant de jeter les restes du repas, retenez tout ce qui peut repousser et donner une belle plante verte.
Un noyau d’avocat ou de chayotte, un bout de patate douce, des noyaux de dattes fraîches, les noyaux des litchis, les pépins des citrons, des oranges ou des pamplemousses, tous ces rebuts de nos agapes donnent en quelques semaines ou mois une végétation d’intérieur qui n’a rien à envier aux ficus ou autres misères. Quand les massifs des villes sont changés, il y a aussi beaucoup à récupérer, mais il faut être là au bon moment.
- Faire les poubelles ! Je sais, cela peut paraître choquant, mais combien de plantes finissent à la poubelle simplement parce qu’elles sont devenues moins belles, parce qu’elles n’ont plus de fleur, parce qu’elles sont devenues trop encombrantes ou tout simplement parce qu’elles ne plaisent plus aux maîtres des lieux… Plutôt que de mettre la plante directement au fond de la poubelle, ce serait mieux d’ailleurs de la poser à côté ou sur le dessus, bien en vue.
2 – Obtenir des plantes à moindre coût :
- Non loin de la rédaction, un fleuriste a la bonne idée de solder à très bas prix ses potées défleuries. Pour 2 ou 3 euros seulement, vous pouvez vous procurer un gros pied de phalaenospis (vendu 5 à 6 fois plus cher en plein floraison), d’impatiens de Nouvelle-Guinée ou toutes autres plantes de saison, mais un peu fatiguées. Une excellente initiative car pour celui ou celle qui a un peu la main verte, il suffit de quelques semaines pour retrouver une belle potée.
- Faire ses graines : cette année, je me suis amusé à récolter toutes les graines sur mes deux pieds de belles-de-nuit à fleurs blanches (Mirabilis longiflora), et j’ai récupéré la valeur d’un petit bol de semences, soit un potentiel d’une bonne centaine de plants. De quoi faire des heureux autour de moi. Imaginez si nous faisions tous cela pour les plantes courantes, mais encore plus pour les raretés…
- Bouturer, diviser, marcotter : prenons le cas de toutes ces fausses annuelles comme les impatiens, les coléus, les plectranthus, les streptocarpus ou les irésines, qui sont parfaitement vivaces mais gélives, il suffit en fin d’été de prélever un bon stock de tiges feuillées pour avoir ses plants pour l’année d’après, sans oublier d’en distribuer à son entourage. Avec une grosse touffe de ciboulette, vous faites une grande rangée de petits plants qui redonneront en quelques mois de belles touffes. Au période de taille des haies, il est intéressant de surveiller les jardins et parcs aux alentours pour aller récupérer les déchets de taille qui encombrent souvent les jardiniers. et vous vous ferez des haies pour pas cher.
– Acheter à deux : les nouveautés proposées dans les fêtes des plantes ou dans les jardineries sont toujours beaucoup plus chères, mais plutôt que de se ruiner en achetant deux nouveautés, il suffit de se mettre à deux (chacun achète une nouveauté et la cultive puis la multiplie pour l’autre l’année d’après), ça réduit la dépense. Mais là je vais me faire quelques ennemis parmi les amis pépiniéristes !
3 – Recycler les déchets de la maison et du jardin :
Tous les déchets verts ou presque peuvent aller rejoindre le tas de compost, qui s’utilisent aussi bien en paillis quand il est jeune, qu’en amendement et en terreau quand il est bien mûr. Presque plus besoin d’acheter des désherbants et des engrais.
Combien de godets ou autres petits pots pourraient être remplacés par des pots de yaourt, combien d’étiquettes en plastique pourraient être remplacées par des découpes de boites de fromage blanc ? Un grand nombre, avec en plus de l’intérêt économique un avantage écologique, car de ce fait nous utiliserions moins de plastique.
Arrêtons de jeter les papiers et cartons pour les utiliser en lasagna-bed. Déposés à même le sol, humidifiés puis recouverts de couches de tontes de gazon, de compost, de fumiers et autres déchets organiques, vous obtenez un lit de culture extraordinaire, qui en se décomposant améliore le sol en-dessous.
4 – Soigner les plantes par les plantes :
Purin d’orties, décoctions de fougères, de prêle ou de tanaisie, autant de remèdes préventifs, à préparer au fur et à mesure de ses besoins, sans avoir un euro à dépenser quand les plantes sont en abondance près de chez soi.
Et vous, quelles sont vos solutions pour jardiner en dépensant moins ?
À l’heure où j’écris ce billet, 10301 blogs se sont inscrits pour participer à la journée du Blog Action Day 2008 sur le thème de la pauvreté, soit une audience estimée de 11 048 452 personnes.
Blog Action Day 2008





















Si des personnes veulent se débarrasser de leur plantes merci de les déposer bien en vue devant chez moi !! Merci !
Très de plaisanteries, cet article est particulierement interessant pour moi. J’achete des graines et je m’essaye au semis avec plus ou moins de réussite !! Je ne jette jamais une plante meme si elle est défleurie ou tres vilaine, je fais mon possible pour la sauver… Grace a la blogosphère j’ai pu faire des échanges de graines super sympa et j’ai meme recu des boutures !
Je n’ai encore jamais participé a des bourses aux plantes, je ne sais pas comment ca fonctionne. Quand a la récup de graines, pépins etc issus du repas je vais essayer d’y penser, le probleme c’est qu’on ne sait pas toujours comment s’y prendre !
Les bourses aux plantes sont basées sur le système du troc le plus souvent. Je te donne une plante contre une autre plante. C’est le principe, car ensuite, au cas par cas, tout est possible. Au Troc vert de Montreuil (93), les gens qui venaient sans plante repartaient souvent les mains pleines, en offrant en échange une boisson achetée à la buvette de la manifestation ou parce que’ils avaient rencontré des généreux donateurs.
Je vais faire des petits billets sur les semis de récup’. Avec l’arrivée du froid, ça va être de saison. A suivre donc !
Excellent , je ferai fidele au poste !! J’attends les p’tits billet sur les semis de récup’ avec impatience !
A bientot.
Bravo.
On oublie la débrouille pourtant, en effet, on peut pour moins cher, se faire plaisir et obtenir de jolis résultats sans se ruiner dans les jardineries. Et avec un supplément de fierté.
Dans ma campagne je rapporte de la forêt des euphorbes et des fougères que je retrouve en jardinerie aux côtés des coucous qui pullulent dans les talus. Et je me demande toujours qui va acheter ce qu’on peut trouver juste en regardant autour de soi.
Mais attention, hein, je prélève avec discernement et respect !
Moins jeter, moins acheter, ça me parle…
Bonsoir,
Combien de temps peut on conserver le purin d’orties ?
Merci de votre réponse.