Entre les catalogues de vente par correspondance et les rayons des jardineries qui vont se remplir en février, l’offre de bulbes à floraison estivale est large et plus que tentante en cette fin d’hiver. Mais nous sommes encore loin de la saison des plantations. Alors que faire lorsque les bulbes arrivent trop tôt chez soi ?

Bulbes de bégonias tubéreux hybrides à fleurs doubles, stylisme Marie Marcat, Jardinerie Ferme de Gally (78), photo Marre Frédéric / Cap-photos
La sagesse voudrait que l’on patiente pour faire ses achats au moins jusqu’en mars, aussi bien sur catalogue que dans les points de vente de jardinage. Mais plus les semaines s’écoulent, plus l’offre va s’appauvrir, les stocks de certaines variétés vont s’épuiser. En février et début mars, le choix proposé est le plus important et les bulbes sont le plus souvent dans un très bon état. On est donc bien obligé de craquer si on ne veut pas se contenter des fins de série…
Ayant passé commande entre Noël et le jour de l’An, j’ai reçu mon colis fin janvier. Bulbes superbes, rien à dire, si ce n’est que la météo est déplorable et terriblement de saison : gel, neige et grisaille. Un temps à ne pas mettre un bulbe dehors !
Les erreurs à ne pas faire :
- Laisser le carton sans l’ouvrir dans une pièce chauffée à plus de 15 °C. La chaleur stimule la reprise de végétation et la formation de nouvelles racines et de petits bourgeons vite étiolés, avec pour conséquence un épuisement des réserves du bulbe qui ne reçoit ni eau ni nourriture dans son sachet.
- Sortir les bulbes à l’air libre et les garder dans une pièce chauffée. L’air sec de nos intérieurs chauffés accélère la déshydratation des bulbes, dans des proportions néfastes à leur reprise de végétation au printemps prochain.
- Rempoter les bulbes et les installer dehors, en plein air. Les gelées qui peuvent être encore sévères auraient vite fait de détruire ces organes de réserve qui ne supportent pas le froid.
- Rempoter les bulbes et les installer à l’intérieur, dans une pièce de la maison bien chauffée. Quelques semaines suffiront pour qu’ils repartent de plus belle. Mais la chaleur associée le plus souvent à un manque de lumière donnerait des jeunes pousses malingres et fragiles, qui auront le plus grand mal à s’adapter à la vie au grand air quand les températures permettront enfin une installation dans le jardin ou sur le balcon.
Les solutions :
- Quand les bulbes sont vendus enfermés dans des sachets en plastique avec de la tourbe et des copeaux de bois, vous pouvez les conserver dans une cave ou un garage non chauffés, mais hors gel, pendant quelques semaines encore. Prenez la peine de disposer les sachets de telle façon que les bulbes ne soient pas entassés et bien enveloppés de tourbe ou de copeaux. Pour les jardiniers de ville, vous pouvez entreposer ces plantes au repos dans le bac du réfrigérateur, s’il y a de la place…
- Vous pouvez installer les bulbes nus dans des terrines remplis de tourbe blonde, disposées dans la cave ou le garage, toujours non chauffés et hors gel. Surtout ne pas arroser tant que l’hivernage se prolonge à l’obscurité.
- Vous pouvez rempoter chacun des bulbes dans un petit pot au diamètre adapté et rempli d’un bon terreau bien drainant. Pensez à étiqueter chaque potée. Inutile d’arroser les premières semaines, car cela favoriserait la reprise de la végétation ou les risques de pourriture. Les potées peuvent être placées pendant quelques semaines dans une cave ou un garage non chauffés mais hors gel, le but étant de garder la fraîcheur des bulbes sans qu’ils reprennent leur cycle de végétation. En mars vous pourrez installer les pots dans une pièce plus chauffée et bien éclairée pour stimuler la croissance et avoir des plants déjà bien développés pour le repiquage courant avril ou mai selon la rigueur du climat.