1 espèce d’orchidée sur 6 est menacée en France

13 oct 2009

La première analyse jamais réalisée sur les 160 espèces d’orchidées présentes en France métropolitaine montre que 27 d’entre elles sont menacées de disparition du territoire, et que 36 autres sont proches de le devenir sans une attention particulière portée à leur situation.

Dactylorhiza, orchidée sauvage, Le Jardin du Naturaliste, photo Boucourt Franck / Cap-photos

Dactylorhiza, orchidée sauvage, Le Jardin du Naturaliste, photo Boucourt Franck / Cap-photos

Ces résultats sont le fruit d’un travail commun mené par le Comité français de l’UICN, le Muséum National d’Histoire Naturelle, la Fédération des conservatoires botaniques nationaux et la Société française d’Orchidophilie. Ils constituent un nouveau chapitre de la Liste rouge des espèces menacées en France.

L’analyse de la situation des espèces a reposé notamment sur l’important travail de prospection et de cartographie mené ces dernières années par la SFO, en vue de la publication prochaine de l’Atlas des orchidées de France. Au total, pour l’élaboration de ce chapitre de la Liste rouge nationale, une centaine d’experts ont apporté leur contribution à la phase préalable de vérification des données, et cinq d’entre eux ont validé les analyses lors de l’atelier final d’évaluation.
Parmi les 162 espèces d’orchidées recensées sur le territoire métropolitain, deux d’entre elles n’ont pas été soumises à l’évaluation, conformément à la méthodologie de l’UICN : il s’agit de l’ophrys d’Anne (Ophrys anae) et de l’ophrys de Ficalhoa (Ophrys ficalhoana), espèces dont la présence en métropole est marginale par rapport à leur aire de répartition mondiale. L’état des lieux a donc porté sur 160 espèces d’orchidées, évaluées sur la base des catégories et des critères de la Liste rouge.

Dactylorhiza maculata, orchidée sauvage, Le Clos du Coudray (76), photo Lebret Jean / Cap-photos

Dactylorhiza maculata, orchidée sauvage, Le Clos du Coudray (76), photo Lebret Jean / Cap-photos

Répartition des 160 espèces d’orchidées évaluées en fonction des différentes catégories de la Liste rouge :

  • Espèces éteintes en métropole : 0,6 % (1 espèce, Anacamptis collina)
  • Espèces en danger : 2,5 % (4 espèces, Hammarbya paludosa, Ophrys aveyronensis, O. eleonorae, O. philippi)
  • Espèces vulnérables : 14,4 % (23 espèces)
  • Espèces quasi menacées : 22,5 % (36 espèces)
  • Espèces pour lesquelles la préoccupation est mineure : 39,4 % (63 espèces)
  • Espèces pour lesquelles les données sont insuffisantes : 20,6 % (33 espèces).

Ces résultats mettent en relief les diverses menaces qui pèsent sur les orchidées en France métropolitaine. En premier lieu, la transformation des milieux naturels par les activités humaines affecte de nombreuses espèces. L’ophrys d’Aymonin (Ophrys aymoninii), endémique des Grandes Causses, est victime de la fermeture des espaces naturels ouverts, due aux plantations de conifères et à la déprise agricole, ce qui explique son classement en catégorie Vulbérable. Le malaxis des marais (Hammarbya paludosa), qui ne se rencontre que dans les tourbières acides, est en nette régression en France et classé « En danger », en raison de l’assèchement des zones humides et de l’eutrophisation de son habitat naturel (c’est-à-dire de la prolifération de végétaux aquatiques due à la pollution par l’apport excessif de substances nutritives).
De manière générale, le drainage des marais et des prairies humides et l’abandon des pratiques agricoles traditionnelles, comme la fauche et l’élevage intensif dont l’arrêt entraîne la fermeture des milieux et l’embroussaillement, ont provoqué le recul de plusieurs espèces. C’est le cas du Liparis de Loesel (Liparis loeselii), en régression en France et désormais disparu du Bassin parisien, et de l’orchis à fleurs lâches (Anacamptis laxiflora), tous deux classés « Vulnérables ».
D’autre part, certaines espèces sont soumises à de fortes pressions de prélèvement dans leur milieu naturel. Le sabot de Vénus (Cypripedium calceolus) et l’opgrys miroir (Ophrys speculum), espèces pourtant protégées, sont victimes de ces cueillettes illégales pour leurs fleurs spectaculaires et leur intérêt horticole. Ces deux espèces ont été classées « Vulnérables ». D’autres pressions extérieures représentent parfois une menace, comme le piétinement par les troupeaux d’ovins et de caprins ou le retournement du sol par les sangliers. Cette menace concerne en particulier l’ophrys de Philippe (Ophrys philippi), endémique du Var, classé « En danger » en France.
Outre ces espèces aujourd’hui menacées, 36 espèces d’orchidées se classent dans la catégorie « Quasi menacée », soit plus d’une espèce sur cinq. Celles-ci pourraient devenir menacées à leur tour si des mesures spécifiques de conservation n’étaient pas prises pour améliorer leur situation. D’autre part, en raison d’une évolution récente portant sur la distinction scientifique de certaines espèces et des difficultés d’identification de plusiuers d’entre elles, 20 % des espèces d’orchidées ont dû être placées dans la catégorie « Données insuffisantes ». C’est le cas de la nigritelle du Mont-Cenis (Gymnadenia cenisia), décrite seulement depuis 1998 et encore au centre de débats scientifiques quant à sa distinction des autres espèces.

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Une Réponse à “1 espèce d’orchidée sur 6 est menacée en France”

  1. Phalaenopsis 13. oct, 2009 at 17 h 53 min #

    Merci d’avoir relayé l’information.

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